jeudi 13 octobre 2016

L'homme peut connaître Dieu !

Le livre "L'homme peut connaître Dieuest paru !




« Il est possible que Dieu existe, mais je ne peux pas en être sûr. De plus, les religions ont fait beaucoup de mal. » Si vous pensez cela, ce livre vous surprendra.
« Je crois en Dieu parce que je suis né dans une famille catholique et que mes parents m’ont amené à la messe. » Et si vos parents avaient été musulmans, seriez-vous musulman ? Pouvez-vous prouver que vous êtes dans la bonne religion ?
« Moi, je pense que la religion est dépassée et qu’on peut expliquer le monde un peu plus scientifiquement au XXIème siècle. D’ailleurs, Kant, Freud, Sartre n’ont-ils pas montré définitivement que Dieu n’existe pas ? » Si vous croyez cela, ce livre est pour vous.
« Je prie de temps en temps, mais j’ai pas mal de doutes, car Dieu, on ne le voit jamais, et puis, s’il est si bon, pourquoi tant de souffrances ? »
« Je suis chrétien convaincu, mais je me pose des questions. L’enfer et le diable existent-ils vraiment ? Les miracles ne sont-ils pas de l’autosuggestion ? Pourquoi fallait-il que Jésus meure sur la croix ? » Si vous vous posez ces questions, ce livre vous répondra.
Des questions, vous vous en posez beaucoup. En 31 courts chapitres, vous trouverez des réponses simples, claires, dans un langage à la portée de tous. Le propos, illustré par de nombreux exemples pris dans la vie courante, n’est jamais ennuyeux. L’auteur réussit le tour de force de donner les bases indispensables en philosophie et en théologie. Un ouvrage de référence, pour tous, adolescents, étudiants, adultes, parents et grands-parents. Un excellent point de départ pour une étude en petits groupes.
L’ouvrage peut être lu dans le désordre, à la manière d’une encyclopédie, selon les questions que l’on souhaite approfondie.
Issu d’un milieu athée ou bien, au contraire, imprégné de christianisme, vous souhaitez obtenir des motifs crédibles et rationnels de croire en Dieu.
Vos questions seront nos chapitres : « Est-il raisonnable de croire en Dieu alors qu’on ne l’a jamais vu ? La science ne montre-t-elle pas la fausseté de toutes les religions ? L’évolution de l’homme ne prouve-t-elle pas que l’homme n’est pas créé par Dieu ? N’a-t-on pas raison de dire que l’Église s’est méfiée de la science ? Être adulte, n’est-ce pas penser par soi-même ? L’homme a-t-il une âme ? Puisque nos sens peuvent nous tromper, comment peut-on affirmer qu’il y a une vérité ? Le mieux n’est-il pas de faire ce qui nous plaît ? L’Église n’impose-t-elle pas sa vérité ? Comment être encore croyant après Kant, Rousseau, Marx, Freud ou Sartre ? Le diable, les anges, le purgatoire, les miracles existent-ils vraiment ? Qui peut savoir ce qu’il y a après la mort ? Etc. »
Le présent ouvrage n’est pas un catéchisme : le but n’est pas d’asséner des vérités toutes faites en s’appuyant sur des textes sacrés qui font autorité. Non, la réflexion s’inscrit dans une démarche rationnelle propre à intéresser croyants ou incroyants et le livre propose un cheminement logique.



L’auteur

Jean Dollié, ancien élève du Centre d’Études Religieuses, est agrégé de l’Université. Depuis 20 ans, il enseigne les lettres dans le secondaire et l’enseignement supérieur.

Pour commander


Les frères Bogdanov : l'intelligence de la création est la signature de Dieu, créateur


Igor et Grichka Bogdanov sont deux scientifiques de renom. Auteurs à succès, ils ont publié, en 2012, La Pensée de Dieu, ouvrage qui explore les mystères mathématiques à l'oeuvre dans la création et dans les nombres. Sans entrer dans des considérations religieuses, ils montrent que l'extraordinaire complexité mathématique du cosmos ne relève pas du hasard mais d'une intelligence supérieure, qu'on peut appeler Dieu. Cette histoire des mathématiques autour de la théorie des nombres se lit comme un roman même si un non-spécialiste des mathématiques ne comprendra pas tout. Les auteurs explorent les nombres mathématiques pour montrer qu’il y a une harmonie pré-établie, un réglage dès l’origine de l’univers. Le nombre π par exemple présente des décimales à l’infini mais dans un ordre qui imite le hasard mais qui ne relève pas du hasard car ses décimales sont prévisibles à l’aide d’une formule mathématiques ! L’idée centrale de cet essai est de montrer que les mathématiques ne sont pas une construction abstraite mais correspondent aux lois de la physique, de la nature. Celle-ci est faite de matière mais aussi d’ « informations ».
Voici ce que rapporte Wikipedia de leur biographie : "C'est principalement leur grand-mère maternelle Bertha Kolowrat-Krakowská qui élève les jumeaux. Jusqu'à l'âge de neuf ans, Igor et Grichka partagent leur temps entre leurs précepteurs et les ouvrages en français, russe, allemand ou anglais de la bibliothèque familiale.  Dès le plus jeune âge, ils parlent de nombreuses langues. Naît leur passion pour l'astronomie.  Une passion qu'ils s'empressent ensuite de partager avec leurs camarades de dortoir à l'École militaire de Sorèze, dans le Tarn : l'école est une ancienne abbaye, où ils entrent à l'âge de neuf ans. Toutes les nuits ils sortent de l'école en cachette pour aller regarder les étoiles.
Leur mère « Maya » Maria Dolores Kolowrat-Krakowská meurt en 1982 à cinquante-six ans, après une chute de cheval.
Pilotes de planeur à l'âge de quinze ans, puis d'avion et d'hélicoptère, ils ont la passion de tout ce qui vole. Igor est un passionné d'hélicoptère et revendique aujourd'hui 4 000 heures de vol. Ils ont leur bac à 15 ans.
En 1976 paraît leur livre Clefs pour la science-fiction. Roland Barthes avait rédigé une préface élogieuse pour leur ouvrage.
Les jumeaux ressentent un besoin de communiquer leurs passions. En septembre 1976, Grichka téléphone à plusieurs reprises à la direction de TF1 jusqu'à ce qu'on lui passe Yves Mourousi, qui présente à l'époque le journal de 13 heures. Le lendemain, ils sont sur le plateau du journal télévisé pour présenter leur livre Clés pour la science-fiction. Emballé par le numéro des jumeaux, Yves Mourousi leur propose d'animer dans son émission dominicale Bon appétit une séquence consacrée aux robots et aux extraterrestres. Leur carrière est ainsi lancée : c'est le tremplin qui débouchera plus tard, en avril 1979, sur Temps X5."

À partir des années 1990, les frères Bogdanoff se consacrent à la préparation d'un doctorat portant sur la cosmologie primordiale qu'ils obtiendront. Leurs thèses sont respectivement :
Grichka Bogdanoff, Fluctuations quantiques de la signature de la métrique à l'échelle de Planck (1999) Voir en ligne sur le serveur des thèses du CNRS.
Igor Bogdanoff, État topologique de l'espace-temps à l'échelle zéro (2002) Voir en ligne sur le serveur des thèses du CNRS."


Comme ces scientifiques dérangent, car ils ne sont pas scientistes, ni athées, certains esprits peu scrupuleux remettront en cause la validité de leurs travaux, notamment dans la presse sans apporter de véritables contradictions scientifiques. Dans la postface de leur dernier ouvrage, La Pensée de Dieu, Luis Gonzalez-Mestre, physicien, chercheur au CNRS, remet les pendules à l'heure. Moshé Flato, physicien et mathématicien, fondateur et directeur du Laboratoire de physique mathématique de l'Université de Bourgogne, écrit d'ailleurs à propos de la thèse de Grichka : "Ce travail original présente des perspectives nouvelles et importantes, de nature à résoudre certains des problèmes parmi les plus difficiles dans le domaine de la gravité quantique. L'auteur établit, en particulier, l'existence d'un champ scalaire complexe (...) susceptible, selon lui, d'accélérer l’expansion de l'espace-temps. Nous recommandons la publication de certains des résultats concernés." 


Leur dernier ouvrage, La Pensée de Dieu, est une formidable plongée dans les mystères mathématiques de la création comme le mystère du nombre pi qui contient des milliards de milliards de milliards de milliards etc. de chiffres derrière la virgule, à l'infini, davantage qu'il n'y a de particules élémentaires dans toutes les étoiles de toutes les galaxies de tout l'Univers (...) face à cette incroyable énigme vient une nouvelle question sans réponse : comment concevoir que le cercle - cette forme si simple  si immédiatement visible d'un seul coup d’œil - soit déterminé par un nombre tellement "'lointain, tellement incompréhensible, (...) Mais il y a plus. quelque chose de vraiment renversant, qui frappe tout autant Lindemann que ses deux bouillants élèves Hilbert et Minkowski : pi est entièrement déterminé jusqu'à l'infini ! L’interminable suite de ses décimales ne se déroule pas au hasard...



Cette vidéo évoque un ouvrage des frères Bogdanov, Le visage de Dieu, paru en 2010.

Les jumeaux Bogdanov sont atteints d'une maladie, sans doute génétique,  d'où leur visage allongé comme vous avez pu le voir dans la vidéo. 

Pour ceux qui voudraient faire le point sur ces rapports entre science et foi, dans un langage clair et accessible, nous conseillons dans un premier temps la lecture de L'homme peut connaître Dieu. Voir aussi nos autres articles de ce blog, notamment ici

Miracles de Lourdes : des guérisons explicables par la science et la médecine ?


A Lourdes, près du Gave, la Vierge Marie est apparue au XIXe siècle à Bernadette Soubirous. Lourdes est une petite ville de France qui est mondialement connue pour ses guérisons. Les malades vont boire aux fontaines et se baignent dans les piscines. Voici ce qu'écrit Wikipedia : "Les Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes constituent le plus grand centre de pèlerinage catholique français depuis que Bernadette Soubirous, a vu une Dame déclarant être l'Immaculée Conception, quatre ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX. Les apparitions commencèrent le 11 février 1858 dans la petite grotte de Massabielle, non loin du village, le long du gave de Pau et durèrent plusieurs mois. Au total, Bernadette vit dix-huit fois la Vierge. Après enquête, l'Église catholique a reconnu ces apparitions le 18 janvier 1862."
Sainte Bernadette Soubirous

Il y a beaucoup de sanctuaires de par le monde et la Vierge Marie est apparue dans de nombreux lieux (Pontmain, l'Ile-Bouchard, Fatima, rue du Bac à Paris, au Laus, etc.). Quelle est la particularité du sanctuaire de Lourdes ?

La particularité du sanctuaire de Lourdes est le nombre élevé de miracles et surtout la présence du Bureau Médical scientifique indépendant de l'Eglise. Ce Bureau est composé de scientifiques reconnus par la communauté médicale et qui exercent dans les plus grands hôpitaux souvent à des postes élevés (professeurs de médecine, spécialistes mondiaux,  ...). Ces médecins procèdent à une véritable enquête scientifique, enquête qui est consultable, vérifiable par des médecins intéressés extérieurs au Bureau Médical.

L'enquête se passe ainsi : la personne malade guérie à Lourdes va trouver le Bureau Médical. Sont exclues les guérisons de maladies psychiatriques, trop difficiles à diagnostiquer. Si le cas semble sérieux, l'on rassemble toutes les pièces du dossier médical avant la guérison (radio, scanner, analyses, ...) puis on fait une série d'analyses du patient guéri afin de comparer. De nombreux interrogatoires sont menés. Cela peut durer plusieurs années afin de voir si la guérison est durable. Sont éliminés tous les cas qui pourraient s'expliquer par des causes psychosomatiques, psychologiques. L'on ne retient que les cas évidents qui montrent que la guérison est inexplicable car elle échappe aux processus logiques et prévisibles par la science médicale. 

Les progrès de la médecine pourront-ils expliquer un jour les miracles de lourdes ? Prenons l'exemple de la sclérose en plaque (SEP). Voici ce qu'écrit Wikipedia : "La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique auto-immune chronique du système nerveux central. Ses manifestations cliniques sont liées à une démyélinisation des fibres nerveuses du cerveau, de la moelle épinière et du nerf optique. Les causes restent inconnues. Des théories évoquent des facteurs génétiques et environnementaux comme les infections.  Elle a été décrite pour la première fois en 1868 par Jean-Martin Charcot." La médecine fait des progrès et sans doute pourra-t-on un jour connaître ses causes et même la guérir. Mais, si l'on guérit aujourd'hui instantanément et entièrement à Lourdes de la SEP, ne peut-on pas dire que cela est miraculeux ? En effet, la science peut affirmer :
- qu'actuellement, on ne sait pas guérir la SEP, 
- que cette maladie ne peut pas guérir toute seule : ce cas ne s'est jamais vu.
Voici la suite de l'article de Wikipédia : "Évolution de la SEP : l'évolution est très variable entre les individus, elle est généralement lente, sur plusieurs décennies. Elle se fait typiquement par poussées régressives. La seconde poussée survient dans la moitié des cas moins de deux ans après la première manifestation de la maladie. Avec le temps, les rémissions sont moins complètes, aboutissant à des séquelles fonctionnelles, la perte de la marche survient en moyenne 20 ans après le début de la maladie.
L'espérance de vie est comparable à celle des sujets sains ; la sclérose en plaques n'est généralement en aucun cas mortelle (rares sont les décès, souvent dus à une infection causée par les problèmes qu'engendre la maladie). Les scléroses en plaques d'évolution progressive (c'est-à-dire n'évoluant pas par poussées régressives) sont, en règle générale, réfractaires à tout traitement."

C'est pourquoi le Bureau Médical de Lourdes (assisté maintenant du Comité Médical International, voir note 1) a déclaré inexplicable la guérison de Jean-Pierre Bély, âgé de 62 ans, atteint de la SEP, guéri le 9 octobre 1987.

La notion de miracle étant une notion religieuse, les médecins se contentent de déclarer la guérison inexplicable, inexplicable non pas en raison des connaissances limitées de la science actuelle mais par ce que cette guérison échappe aux principes rationnels de la médecine. Pour comprendre cela, pensons aux miracles de Lourdes du XIXe siècle. Par exemple, il y a eu beaucoup de guérisons inexplicables de la tuberculose au XIXe siècle, à Lourdes. Même si, actuellement,  l'on sait maintenant guérir cette maladie, les guérisons soudaines de la tuberculose à l'époque restent inexplicables : il n'est pas possible de guérir instantanément de la tuberculose, sans intervention médicale mais simplement en priant et en se baignant dans les piscines de Lourdes. Les avancées scientifiques de la science n'ont pas invalidé les miracles de Lourdes du XIXe : une malformation, une fracture, même dans plusieurs siècles, ne pourront pas disparaître en un clin d’œil sans geste thérapeutique !

Après les conclusions du Bureau Médical, c'est à l'Église catholique de porter un regard théologique sur la guérison et c'est à elle de prononcer l'existence du miracle.

Pour aller plus loin : 
- vidéo de Serge François, un des derniers miraculés reconnus officiellement en 2011, voir Vidéo .
- commander notre ouvrage L'homme peut connaître Dieu, voir Acheter 
- Enquête sur les miracles de Lourdes, Yves Chiron, Perrin

Le corps de sainte Bernadette s'est conservé miraculeusement incorrompu et souple.
Une mince pellicule de cire recouvre seulement le visage et les mains.
On peut le voir au couvent de Sainte Bernadette,
Espace sainte Bernadette, 34 rue saint Gildard, 58000 Nevers
Sainte Bernadette, priez pour nous !

Note 1 : Composition du Comité Médical International de Lourdes :

- Dr Jean-Louis ARMAND-LAROCHE Neuro-Psychiatre Suisse
- Dr Franco BALZARETTI Chef de Service Chirurgie – Vercelli Italie
- Pr Gilles BERRUT Pr de Gérontologie – Nantes France
- Pr J. Philippe BOULENGER Pr de Psychiatrie – Montpellier France
- Pr Angelo CAMPANOZZI Pr de Gastroenterologie Pédiatrique et Italie, Nutrition – Univ. de Foggia
- Dr Angela CAMPBELL Gérontologue & Clinical Director of Victoria Ecosse Infirmary – Glasgow
- Pr Christian CONFAVREUX Pr de Neurologie – Lyon France
- Dr Denis DALEY Diabétologue Pays de Galles
- Pr Jean-Marie DECAZES Pr de Maladies Infectieuses – Paris France
- Pr Jean DUBOUSSET Pr d'Orthopédie Infantile – Paris France
- Dr Michael DULAKE Cardiologue Angleterre
- Pr Alain FRANCO Pr de Médecine Interne et France Gérontologie – Nice -
Pr Alfredo GUARINO Pr. de Pédiatrie – Univ. de Naples Italie Federico II
- Pr Jorge IRIARTE Pr. de Neurologie & Doyen de la Fac. Espagne de Médecine Univ. de Navarre, Pampelune
- Dr Roger JEAN-CHARLES Médecine Interne Haïti Néphrologie
- Dr Niall KEENAN Registrar in Cardiology Royaume Uni
Hammersmith Hospital & Lecturer Imperial College – London
- Pr Claude LABROUSSE Pr de Médecine Physique et France Réadaptation – Limoges
- Pr Magda LODEWEYCKX Pr de Endocrinologie Pédiatrique - Belgique Louvain
- Dr Eduardo LOPEZ DE LA OSA Gynéco Obstétricien – Madrid Espagne
- Dr Théodore MANGIAPAN Pédiatre France Ancien Pdt du BDCML
- Dr Michael MORAN Clinical Research Fellow ORL Surgery Irlande du Nord Queen's University - Belfast Royaume Uni
- Dr Kieran MORIARTY Hépato Gastro Entérologue – Bolton Angleterre
- Pr Jacek L. MOSTWIN Pr d'Urologie – U.S.A Johns Hopkins Univ. Baltimore
- Pr Marie – Christine MOUREN Pr de Pédo Psychiatrie Paris France
- Dr Roger PILON Immuno Allergologue France Ancien Pdt du BDCML
- Pr Jean POUGET Pr de Neurologie – Marseille France
- Dr Jean-François POUGET-ABADIE Médecine Interne France
- Dr Graziano PRETTO ORL – San Giovanni Rotondo Italie
- Pr Jacques ROUËSSE Pr de Cancérologie – Paris France
- Pr Fausto SANTEUSANIO Pr d'Endocrinologie – Perugia Italie
- Pr Maurice SCANLON Pr de Diabétologie et Pays de Galles Endocrinologie – Cardiff
- Dr Rolf THEISS Chirurgien – Sarrebourg Allemagne
- Dr Patrick THEILLIER Ancien Pdt. BDCML France
- Pr Edgardo YORDAN Pr de Cancérologie- U.S.A Gynécologie – Chicago

Que penser des expériences de mort imminente (NDE) ?


Que penser des expériences de mort imminente ?

Les expériences de mort imminente, appelées "NDE" (abréviation de Near Death Expériences), sont parfois vécues par les gens hospitalisés, dans le coma, en état de mort clinique. Ces personnes arrivent à survivre grâce aux techniques modernes de réanimation. Leurs récits présentent souvent des similitudes : elles sont sorties de leur corps, leur âme voyait la salle de réanimation, les médecins qui s’affairaient sur leur corps. Leur vie a défilé comme un film, elles ont vu un tunnel, une lumière blanche irradiante, etc. Ces récits de mourants sont-ils des affabulations ? D’une part, les témoignages sont de plus en plus nombreux avec les progrès de la médecine. D’autre part, les personnes, une fois revenues à la vie, racontent des faits, donnent des détails sur les choses ou les personnes qu’elles voyaient pendant leur réanimation alors qu’elles étaient inconscientes, ce qui tend à prouver la véracité de ces récits.
Pour autant, ces témoignages ne donnent pas avec clarté un exposé de ce qui nous attend après la mort. Ces personnes ne sont pas mortes, elles ne sont pas revenues de l’au-delà : elles ont simplement été sur le seuil de l’au-delà. Il est alors difficile de se faire une idée du paradis comme il est difficile de se faire une idée d’une maison depuis le seuil de la porte d’entrée. Aussi réconfortantes qu'elles soient, les expériences de mort imminente ne remplacent pas la certitude de la Foi qui repose sur la Révélation divine transmise par l'Église.

Avec les progrès de la médecine, il y a 60 millions de personnes qui sont revenus de la mort ; environ 20 % font une NDE selon l’étude prospective publiée en 2001 par le docteur Pim van Lommel dans la très sérieuse revue médicale The Lancet. Autant dire que les témoignages se comptent par milliers.

Des témoignages

Écouter les témoignages est encore plus saisissant que les livres. Pour vous familiariser avec le sujet, voir quelques cas classiques :






Les NDE négatives




Des preuves que les NDE ne sont pas des hallucinations


Pam Reynolds, 35 ans, chanteuse, est atteinte d'un anévrisme artériel. Elle se sait en sursis et tente alors l'opération de la dernière chance. Celle-ci nécessite un arrêt cardiaque hypothermique. Nous sommes en 1991. Le procédé est novateur et son issue, incertaine. Mais Pam n'a plus grand-chose à perdre. Dans le bloc opératoire, elle est mise en situation de mort clinique : son cœur est arrêté, son cerveau cesse toute activité. Sa température corporelle chute à 15,5 °C, au lieu des 37,7 °C habituels. Le temps est compté. Le chirurgien prend ses outils et commence à découper la calotte crânienne. C'est à cet instant que Pam se sent s'élever au-dessus de son enveloppe charnelle. Dans une rotation à 180°, elle peut observer son corps inerte, sur lequel se penche l'équipe de médecins. Des détails la frappent. Ses cheveux partiellement rasés. La scie utilisée par le chirurgien ressemble à un outil de dentiste ; elle en note la marque : une Midas Rex. Elle écoute les échanges, entend les ordres. Puis, toujours en lévitation, elle quitte la salle pour traverser un tunnel baigné d'une lumière brillante et merveilleusement chaleureuse, qui lui semble à l'origine de l'existence. Elle croit voir des parents et amis décédés. Elle reconnaît un oncle mort qui la reconduit jusqu'à son corps. «Ce fut comme plonger dans une piscine d'eau glacée... »
Tel est l'extraordinaire récit que Pam, dès son réveil, rapporte à l'équipe médicale, éberluée. Un témoignage troublant, qui fait référence. La situation de mort clinique est indéniable, constatée - et en l'occurrence provoquée - médicalement. Avec une interruption complète du flux sanguin, un cortex cérébral sans activité - attesté par le monitoring -, comment Pam a-t-elle pu enregistrer et se souvenir de faits - vérifiables - qui se sont déroulés en son « absence clinique » ?








L’étude de Pim van Lommel, cardiologue

La question qui se pose en définitive est de savoir si le cerveau produit la conscience (optique matérialiste) ou si le cerveau est seulement le moyen d’expression de la conscience qui existe en dehors du cerveau (optique spiritualiste). Dans mon livre, je donne des arguments philosophiques convaincants. Le professeur van Lommel aborde cette question à partir de son étude des NDE.






Dangers de ce genre d’étude

Le danger de l’occultisme

Pour ceux qui ont fait ou non une NDE, il y a le danger possible de vouloir entrer en communication de façon provoquée avec l’au-delà : pendule, magie, consultation des morts, etc., activité prohibée par l’Église car ce sont les démons qui invariablement se manifestent. Voir les chapitres de mon livre à ce sujet. Les NDE confortent notre foi en l’au-delà, elles manifestent de façon palpable la réalité de l’âme mais il ne faudrait pas que notre curiosité nous fasse désirer connaître des réalités accessibles aux seuls esprits et cachées (c’est le sens du mot « occulte ») aux êtres incarnés.

La Bible contient de nombreuses références à la nécromancie et met explicitement les Israélites en garde contre la pratique cananéenne de la divination par les morts. Quelques exceptions montrent qu'on ne tenait pas toujours compte de cet avertissement : le Roi Saül par exemple demande à la Pythonisse d’Endor d’invoquer l’ombre de Samuel (I Samuel, 28) mais cette transgression est le fait d’un homme abandonné par Dieu (I Samuel, 13).
- Deutéronome 18:10-12 : « Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel ; et c’est à cause de ces abominations que l’Éternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. »
- Galates 5:19-21 : « Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. »
- Apocalypse [Révélation] 21:8 : « Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. »

Le Docteur Charbonier dans ses livres et conférences tombe dans ce piège car il tente des expériences avec des médiums qui rentrent soi-disant en contact avec des morts. Sauf que si on pense qu’il y a une vie après la mort et des entités surnaturelles, il peut s’agir aussi de démons ; cela n’effleure pas l’esprit du docteur. De même, certains comme le docteur Moody souligne que les NDE n’apportent aucune révélation : les religions primitives (Egypte, Orient, sorciers africains) savent tout cela ; il a raison mais il faudrait ajouter que les pouvoirs de ces religions sont démoniaques et qu’il vaut mieux ne pas s’y frotter. Le docteur Moody cite aussi Swedenborg, un occultiste. Il est sûr que les résultats de la magie, les agissements du diable sont observables et cela peut nous aider à croire dans l’au-delà mais il ne faut surtout pas entrer dans ce domaine poussé par la curiosité.

Un témoignage (vu sur Internet) évoque une personne qui, après une NDE, restait en communication avec des esprits et utilisait le pendule. La personne est tombée dans un piège, et sans doute avant sa NDE avait-elle déjà ce goût pour l’occultisme. En revanche, un autre témoignage (vu sur Internet) met en scène une personne qui pratiquait l’occultisme et des pratiques sexuelles perverses. Après sa NDE – une NDE négative – elle a abandonné complétement toutes ces pratiques. On le voit, c’est plus compliqué qu’on pourrait le penser.

Le danger de l’irénisme : après la mort, tout le monde va au ciel

Les témoignages de NDE négatives sont plus rares : personne n’a envie de raconter qu’il aurait mérité l’enfer. Ils existent cependant assez nombreux car certaines personnes ayant vécu une NDE négative veulent alerter leurs contemporains.

Une NDE positive signifie-t-elle qu’on était en bonne voie vers le paradis. Pas du tout. Pour la simple et bonne raison que la plupart des témoignages montrent qu’ils ne sont pas allés au paradis. Voir une lumière, un amour ne signifie pas que notre âme ira au paradis : cela donne un avant-goût mais cela nous sera-t-il octroyé ? Toute la question est là. Un des témoignages donnés par le Dr Theillier dans son livre Expériences de mort imminente paru chez Artège est intéressant : Gloria est foudroyée, elle fait une NDE : « Je me sentais heureuse et remplie de joie » puis réintègre son corps ; les soins se poursuivent puis elle ressort de son corps et vit à ce moment-là une NDE négative, avec un voyage en enfer. Cela montre qu’une NDE positive n’est pas un gage de salut ; d’ailleurs l’enfer étant la privation de Dieu, encore faut-il le connaître et y avoir gouté ! La NDE n’est que les premiers instants de la mort.

Dans une NDE, l’idée de jugement de sa vie est présente (c’est la revue de vie) avec la notion de responsabilité vis-à-vis des autres en lien à nos manquements d’amour. Mais le jugement n’est pas prononcé car la vie de la personne n’est pas terminée puisque la personne revient sur terre : il ne peut donc y avoir de jugement de l’âme qui n’arrivera qu’au terme définitif de notre vie.

La croyance en la réincarnation

Les gens qui font une NDE rencontrent parfois les défunts de leur famille : après la mort, l’âme des défunts est restée dans l’au-delà. Cela contredit absolument la fausse théorie de la réincarnation : notre corps unique est animé par une âme unique crée par Dieu : c’est ce qui fonde la personne humaine. À notre naissance, nos parents créent notre corps et Dieu infuse une âme dans ce corps. Durant notre vie, notre âme agit par notre corps et est responsable des actes posés par ce corps : à la mort, ce corps tombe en poussière et l’âme va au ciel. La totalité des témoignages que j’ai entendus n’évoque pas la réincarnation. Seul un témoignage évoque la réincarnation comme une hypothèse que sa NDE n’infirme ni ne confirme. Certaines personnes qui croyaient à la réincarnation avant la NDE peuvent après une NDE donner des interprétations ambiguës : la NDE n’enlève pas nos conceptions, ne nous donne pas la science infuse. La religion catholique condamne avec certitude la théorie de la réincarnation. En revanche, elle est en vogue dans les milieux occultistes, New-Age, spiritualité orientale, ésotérisme, bref toutes les impasses spirituelles soutenues par les esprits diaboliques qui tantôt promeuvent l’athéisme, tantôt la vague spiritualité fin d’empêcher les âmes de trouver Jésus-Christ et les sacrements de son Église catholique.

La méfiance envers les religions

La NDE ne convertit pas comme le ferait une religion, il n’y a pas un corps de doctrine ; elle ne répond pas à toutes les questions : on sait seulement qu’il y a une vie après la mort, qu’on se jugera notre âme nous-mêmes en faisant la revue de notre vie, qu’on baigne dans l’amour. On observe le plus souvent un changement de vie positif et les personnes athées avant une NDE ne le sont plus après. Une NDE transforme le plus souvent la personne mais ne constitue pas un enseignement spirituel et moral à proprement parler : après une NDE, il y a des réponses (la vie se poursuit après la mort, ce qui compte c’est l’amour) mais aussi beaucoup de questions (Qui sont ces entités ? Comment répondre à cet amour ? Comment réparer le mal que j’ai fait ? etc.)

Les personnes méfiantes envers le catholicisme avant une NDE, victimes d’une mauvaise image de cette religion ou ayant côtoyé de mauvais catholiques, pourront conserver le même état d’esprit après une NDE. Ils privilégieront une notion d’amour placé au-dessus de toutes les religions. Sans doute ces personnes n’ont-elles pas encore découvert le christianisme, religion de l’amour révélé. Au contraire, d’autres personnes, très croyantes ou très saintes, verront carrément Jésus au cours de la NDE comme Nathalie Sarraco


La providence ne montre pas à tous les mêmes choses. Il ne faut donc pas être décontenancé si des témoignages ne corroborent pas exactement le point de vue catholique : la personne ayant vécu une NDE n’a aucune autorité pour expliquer ce qu’il faut croire ou non. À son témoignage se mêlent la plupart du temps des façons de voir et des jugements qui lui sont propres. De plus, elle n’a presque rien vu mais cela lui semble déjà extraordinaire. Par exemple, les notions de jugement, de purgatoire ne sont pas mises en évidence par les NDE. C’est normal car cela se passe au-delà de la frontière mis en évidence par les personnes ayant vécu une NDE. Avec la révélation catholique, on en sait beaucoup plus, heureusement.

Quel est alors l’intérêt des NDE ?

Tous les témoignages concordent pour dire qu’il y a une vie après la mort, que l’âme existe et qu’elle est immortelle, qu’on sera jugé sur l’amour et que les « entités » de l’au-delà sont extraordinaires et indescriptibles avec une lumière « 1000 fois plus importante que le soleil » comme dit Nicolas. Ce n’est déjà pas si mal.

Quelle est la religion qui affirme que Jésus est la lumière provenant de la lumière (Credo) mourant sur une croix pour sauver les hommes dont il est « follement » épris ? Quelle est la religion qui affirme que le plus grand commandement de la loi est : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est là le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements se rattachent toute la Loi et les prophètes. » (saint Matthieu, XXII, 37-38) Croyez-dans Celui qui a vaincu la mort, qui est passé par elle et qui est ressuscité.









Interview du père Amorth, exorciste du Vatican








Question: Ma mère me raconta, il y a plusieurs années, ce qu’elle avait appris des arts magiques. Après quelques années, j’ai commencé à entendre une voix masculine dans ma maison. Ensuite, nous avons déménagé et je n’ai plus rien entendu.

Réponse du père Amorth : Il est assez normal que des personnes entendent des voix. Cela peut arriver parce que quelqu’un a fait des séances de spiritisme ou a fréquenté des mages ou des cartomanciens.

Dans ce cas, il y a une faute initiale, mais parfois, ce n'est pas le cas et il est difficile d’en comprendre la cause. Ce qui compte, c'est de savoir ce qu'il faut faire : mépriser les voix, ne pas s’en soucier, ne pas faire ce qu’elles disent et prier, car si on les méprise et on ne les écoute pas par curiosité, si on ne fait ce qu’elles disent, mais qu'on cherche à les repousser, à les ignorer et si on prie, alors cela cesse. [NDLR : et faire venir un prêtre pour chasser les infestations démoniaques]



Question : Existe-il des prêtres qui ne croient pas au diable ?

Réponse du père Amorth : Oui, bien sûr ! Mon maître, le père Candido Amantini, qui était exorciste à la Scala Santa à Rome, raconte qu’un prêtre lui avoua ne pas croire au diable, aux exorcismes, etc. Le Père Candido l’invita à participer à un exorcisme. Il accepta et assista au début, les mains dans les poches, avec un air presque de mépris. A un moment donné, le démon s’adressa à lui en disant : «Tu ne crois pas à moi, mais tu crois aux femmes, et comment tu y crois !». Le prêtre tout honteux, reculant, gagna la porte et s’enfuit.



Question : Pouvez-vous nous parler des effets de l’eau bénite ?

Réponse du père Amorth : Parfois, mais pas toujours, elle peut aider à détecter une possession diabolique. Une femme me demanda un exorcisme. Je ne comprenais pas si elle était réellement possédée. Je préparai sur la table deux verres : l’un avec de l’eau normale et l’autre avec de l’eau bénite. Je lui donnai en premier à boire l’eau normale et peu après, celui avec de l’eau bénite. Elle la but, mais aussitôt son aspect changea et elle devint colérique. Avec une voix d’homme, elle me dit : «Prêtre, tu te crois rusé, n’est-ce-pas ?». Alors, je lui fis un exorcisme.



Un entretien dans le Figaro


Possessions et rites sataniques, confrontations directes avec les démons, sectes du Mal implantées au cœur de Rome... dans ses Confessions (1), le père Gabriele Amorth, exorciste en chef de la cité du Vatican, raconte ses années de combat, de corps-à-corps avec les puissances infernales, par le biais de scènes dignes du Moyen Age. En avant- première, Le Figaro Magazine vous présente les bonnes feuilles de cet ouvrage, publié sous forme d'entretiens, où les questions sont posées par le journaliste de La Stampa, Marco Tosatti.

«Je me suis recommandé à la Madone... Et puis je me prénomme Gabriele, l'archange est mon saint patron.»

Ordonné prêtre en 1954, Don Gabriele, 85 ans, est depuis 1986 l'exorciste en chef de la cité du Vatican et de l'archidiocèse de Rome. « Plus un exorciste est animé par la foi, plus puissante est son action », affirme-t-il, ce qui l'amène à pourchasser le diable partout où il croit le voir, y compris au sein du Vatican - ce qui peut laisser perplexe, même si Paul VI a dit que « la fumée de Satan » était bel et bien entrée dans l'Eglise...

Révolté par la progressive disparition de ce qu'il définit lui-même comme une« profession », le père Amorth a fondé l'Association internationale des exorcistes, visant à perpétuer les cultes de conjuration du démon. Par des rites et des prières de délivrance, il officie toujours « du matin au soir », malgré son grand âge, pour soulager de leurs souffrances des personnes qui n'ont pas trouvé de recours dans la médecine et la psychiatrie.

"C'est en 1986 que vous avez reçu du cardinal Poletti (2) la charge d'exorciste. Voilà maintenant vingt ans et plus que vous menez cette bataille. En quoi votre vie a-t-elle changé ?
A présent, je me consacre entièrement à la pratique des exorcismes. Or, je vois que les besoins sont immenses et les exorcistes peu nombreux. Si bien que je travaille du matin au soir, sept jours par semaine, y compris à Noël et à Pâques. A chaque fois, je me rends compte d'une chose : au grand silence sur le diable, qui naît souvent au sein de l'Eglise elle-même, s'oppose une volonté profonde de savoir, venue des fidèles et des gens simples. Il ne fait aucun doute qu'être exorciste m'a beaucoup renforcé dans ma foi et dans la prière. Pendant que le cardinal Poletti rédigeait le document me confiant la charge d'exorciste, je me suis recommandé à la Madone: « Enveloppe-moi dans ton manteau et protège-moi, je t'appartiens. » Et puis je me prénomme Gabriele, l'archange est mon saint patron...

Que pensiez-vous du démon, avant ?
Pour dire la vérité, je ne m'en souciais pas du tout. Je savais qu'il existait, bien sûr. Je croyais à l’Évangile. A Modène, ville dont je suis originaire, je n'avais jamais entendu parler des exorcistes. Il est vrai qu'à l'époque nombre de prêtres n'abordaient pour ainsi dire jamais ces sujets-là: le démon, la possession, les exorcismes... J'ai été ordonné prêtre en 1954, année mariale et centenaire de l'Immaculée Conception. Plus de cinquante ans ont passé. Mais en ce temps-là comme de nos jours, s'il y a quelque chose de très important, c'est la formation des prêtres. L'instruction qu'il convient de leur donner, précisément en ce qui concerne la réalité du diable et le ministère de l'exorcisme. Et c'est d'autant plus valable à présent que nombre de jeunes ne vont plus à l'église, mais assistent au contraire à des séances de spiritisme, consultent des envoûteurs, des cartomanciennes, et ainsi de suite. Je pense qu'il est fondamental de les informer afin de les tenir éloignés de ces dangers. Et pour les informer, il faudrait des prêtres bien préparés. Or, une bonne partie du clergé en sait vraiment peu sur la question...

Le jour où j'ai dû faire face à un cas évident de possession diabolique, j'ai compris que la réalité de l'action satanique et de la prière d'exorcisme ne relevait pas du passé, qu'il ne fallait surtout pas la cantonner aux temps anciens ou à l'époque de Jésus. Elle existe de nos jours aussi bien ! Satan agit plus que jamais ; il s'efforce encore de conduire le plus grand nombre d'âmes possibles à la mort éternelle. Dès le début de mon ministère, j'ai compris qu'il existe deux catégories de possédés, et que ces catégories s'opposent. Il y a les personnes possédées du fait de leurs erreurs, et celles qui le sont du fait de leur amour pour Dieu. Je puis le confirmer en me fondant sur les Écritures et sur la tradition. Je me rappelle un cas qui m'a beaucoup touché personnellement. Il s'agit d'un excellent séminariste. Faute d'avoir été exorcisé par mes soins, il a quitté le séminaire au bout de deux ans, et finalement perdu sa vocation. Tout est arrivé dans des circonstances fort délicates, douloureuses même, sur lesquelles je ne veux pas m'étendre. Je puis dire toutefois que l'expérience a représenté pour moi un grand choc révélateur, et m'a fait comprendre comment l'on devait s'y prendre pour contrarier l'action du démon, surtout quand elle vise les personnes consacrées.

(...) Il faut reconnaître qu'en dépit des progrès de la technologie moderne, c'est seulement en tant qu'exorcistes que nous sommes capables de procéder à des distinctions rapides dans les événements et les situations qu'il nous faut affronter. Le démon n'a ni barrière ni limite quand il s'agit de s'aliéner des personnes ou des âmes. Quand on se place dans une perspective historique, et que l'on compare les cas actuels et ceux qui ont été publiés, ceux que nous considérons comme des exemples classiques de possession ou de vexations démoniaques, il semble que les choses aient beaucoup changé. Ce qui était regardé jadis de telle ou telle façon, nous le voyons aujourd'hui comme une forme de maladie mentale. Ensuite vient l'exorcisme. On commence à vérifier ce qu'il en est, à provoquer l'individu. Alors, et alors seulement, il est possible de dire si ce qui avait été étiqueté comme maladie mentale en est vraiment une, ou s'il ne s'agit pas plutôt d'un maléfice. Car nous devons toujours nous fonder sur des signes et des phénomènes observables ; on peut aussi pratiquer des provocations silencieuses - avoir sur soi l'Eucharistie, par exemple, à l'insu de tout le monde -, en utilisant l'eau bénite, le sel bénit, ou l'eau servant aux liturgies pascales. On observe ce que les gens acceptent ou refusent de boire. Ils reconnaissent toujours l'eau bénite et le sel bénit. Pendant des années, on m'a craché à la figure: c'était quand il y avait une présence démoniaque dans la personne.

Nous devons rester attentifs, car dans le monde où nous vivons et travaillons, le démon cherche à détruire le pouvoir de l'Église en ruinant le sacerdoce du Christ. Nous devons aussi apprendre à travailler avec nos collègues médecins, y compris dans le champ de la santé mentale : ils peuvent apporter à l'Eglise une aide significative. (...) Bien des patients se sont adressés à moi après avoir consulté un médecin. J'ai même établi un usage : on ne peut venir me voir sans un certificat attestant que l'on s'est scrupuleusement soumis à des consultations de spécialistes. En effet, une personne qui souffre doit toujours commencer par aller voir un médecin.

Vous appartenez à une congrégation religieuse. Comment votre travail y est-il jugé ?
C'est un ministère difficile et incompris que celui de l'exorciste. En ce qui me concerne, on m'aime tellement que j'en suis à ma 23e affectation... on me chasse, on me chasse, on me chasse de partout... mais si l'on crie, c'est parce qu'on ne veut pas écouter. On m'a chassé de tous les lieux où j'ai exorcisé, ici à Rome (...) C'est ainsi ! Les évêques, même ceux qui nomment des exorcistes, le font de mauvaise grâce, en général. Si encore ils s'informaient ! Comment ça se passe, combien nous sommes, ne faudrait-il pas en nommer davantage, combien de personnes sont touchées... si encore ils réunissaient les exorcistes pour étudier la situation. Mais non. Rien. Ils nomment quelqu'un, et l'exorciste se débrouille. Ils ne s'en occupent pas...

Quand vos patients arrivent chez vous et entrent dans votre cabinet, sont-ils déjà en fureur ?
Il arrive qu'ils le soient. Il faut même parfois que leurs proches les portent. Il est aussi des cas où l'on rit et plaisante, où l'on s'efforce de maintenir une ambiance sereine. Entre deux séances, on marque une pause. On blague un peu. Bref, le climat est détendu.

Naturellement, l'atmosphère pendant la séance doit toujours être au recueillement, puisque nous prions beaucoup. Et dans les cas les plus difficiles et les plus rares, ceux qui présentent une possession démoniaque, les gens entrent en transe. On parle de possession démoniaque quand il y a possession par le démon ; autrement, ce sont des vexations.

Padre Pio (3), par exemple, était un cas de vexation. Selon plusieurs témoignages, le démon le battait et le fouettait jusqu'au sang. (...) En général, pour effrayer le Padre Pio, le démon prenait la forme d'un chien méchant. Il essayait de le terroriser. De le tromper, aussi, et, dans ce cas, il prenait la forme de Jésus, de la Madone, de son Supérieur, de son directeur spirituel, de son père gardien. Il entrait dans la cellule et lui donnait des ordres.

Padre Pio, perplexe, retournait voir le père gardien et lui demandait : "Père gardien, vous m'avez vraiment dit de faire telle ou telle chose ?" Le père gardien répondait : "Mais non. Je ne suis même pas venu te voir !" Padre Pio comprenait qu'il avait eu affaire au démon. D'autres fois, le diable lui apparaissait sous la forme de filles nues. Il le provoquait par des tentations en l'attirant sur le terrain de la chasteté. (…)

Les vexations, donc. Disons qu'elles se manifestent principalement comme des sortes de plaisanteries méchantes perpétrées par le démon. Car l'ennemi est capable de se livrer à des « blagues » vraiment cruelles. Et il ne s'en prive pas (...) Le diable s'amuse !

«Le démon m'a peut-être raconté un bobard»
La femme dont il sera question à présent est une veuve de 50 ans. Elle a une fille et deux petits-enfants. Elle explique que ses ennuis ont commencé aussitôt après son mariage. Elle souffre d'asthme, elle est sujette à des évanouissements ainsi qu'à des douleurs gastriques et intestinales ; elle vomit des choses bizarres, comme des cheveux ou des haricots crus... Elle entend des coups frappés dans la maison, les meubles vibrent. Elle a le sentiment d'être détestée par plusieurs de ses parents et amis, en particulier par sa belle-mère qui ne l'a jamais acceptée comme épouse de son fils unique.

Après quelques minutes d'exorcisme, elle entre en transe et le démon commence à parler. Il menace la malade, et même l'exorciste. Je lui dis: «Tu ne peux rien me faire, parce que je suis un ministre du Christ ! Tu ne peux rien faire sans sa permission, même pas prononcer un mot, même pas faire un geste. Tu dois lui obéir (...) Avec mon exorcisme, tu es battu.» Il réagit à l'exorcisme, puis il réagit aussi au «Dieu soit béni», ainsi qu'au «Bénie soit sa Sainte et Immaculée Conception». Je reprends alors: «Tu trembles, hein, quand tu entends le nom de Marie ! Elle te fait peur parce qu'elle ne t'a jamais été soumise par le péché ! Parce qu'elle n'a pas le péché originel, et parce qu'elle t'a écrasé la tête avec son fils Jésus!» Il m'interrompt : «Tu sais avec quel pied?» Je me prends à son jeu: «avec quel pied? Voyons un peu... Ça m'intéresserait bien de le savoir !» Sa réponse: «Avec le pied droit. » J'insiste: «Pourquoi avec le pied droit ? » Il réplique: «Parce que c'est le plus fort et le plus résolu.» J'en reste sans voix. Puis le doute me saisit : il m'a peut-être raconté un bobard. Le lendemain, l'occasion se présente de m'entretenir avec mon évêque. Je lui raconte l'épisode. Il me répond que cette histoire de pied droit est une sottise. Car la Madone, en vérité, n'a rien écrasé de matériel, elle ne s'est pas servie de son pied ; nous sommes là dans le domaine de la théologie, pas de la physique. Satan a bien été mis en échec et son règne a bien été détruit, mais la chose doit s'entendre d'un point de vue spirituel.

Huit jours plus tard, au cours de l'exorcisme de cette même femme, alors qu'elle est déjà hors d'elle-même, que ses yeux se révulsent et qu'elle se tord comme un serpent dans des spasmes atroces, l'intrus prononce des offenses et des menaces dirigées en particulier contre l'exorciste. Il laisse échapper aussi des étourderies. C'est alors que je l'interromps : « Dis donc, Lucifer ! Oui, toi ! L'autre jour, cette histoire de pied... » Le malin réplique aussitôt d'une voix glacée qui me pétrifie : «Je me moquais de toi !»
Etait-ce une leçon pour m'empêcher de céder à la curiosité?»


(1) Père Gabriele Amorth, entretiens avec Marco Tosatti, Confessions-Mémoires de l'exorciste officiel du Vatican, Editions Michel Lafon, 280 p., 17,95 €. 

(2) Ugo Poletti (1914-1997), cardinal-vicaire de Rome et président de la Conférence épiscopale italienne.

(3) Capucin italien, le padre Pio (1887-1968) a reçu les stigmates. Il a été canonisé en 2002 sous le nom de saint Pio de Pietrelcina.

Par Patrice De Méritens

Pour aller plus loin

- voir ici et ici
- comprendre que ces phénomènes restent rares et que le combat spirituel reste celui contre nous-mêmes et nos défauts.
- lire L'homme peut connaître Dieu qui donne les bases théologiques pour comprendre comment situer Satan, sa nature, son pouvoir, et la réponse de Dieu.